Une ambition révélée sous la pression
Fin 2024, la Journée France Logistique a marqué un tournant avec la présentation de la Feuille de route logistique et transport de marchandises 2025-2026.
Ce n’est pas une simple déclaration d’intention. Dans un secteur qui pèse 10 % du PIB français et mobilise 2 millions d’emplois, ce plan répond à des enjeux critiques : coûts en hausse, concurrence mondiale, urgence écologique.
Annoncé en pleine tempête géopolitique et sous la menace d’objectifs carbone toujours plus drastiques, il s’appuie sur trois axes majeurs et 14 priorités bien définies. Nous allons voir aujourd’hui ce qu’il faut en retenir pour comprendre l’avenir immédiat de la supply chain.
Les chaînes d’approvisionnement subissent toujours et encore des perturbations imprévisibles, des tensions sur les ressources humaines et une pression réglementaire croissante
Cette feuille de route ne prétend pas tout résoudre d’un coup, mais elle trace une trajectoire claire : compétitivité renforcée, souveraineté logistique affirmée, transition écologique accélérée. Un décryptage s’impose pour saisir les implications concrètes.
La data au service d’une gouvernance éclairée
La visibilité sur les flux devient une priorité stratégique pour les chargeurs comme pour les transporteurs. Le plan mise sur des outils de suivi et de planification déployés à toutes les échelles – nationale, régionale, locale. Des tableaux de bord consolidés pourraient bientôt anticiper les goulets d’étranglement, qu’il s’agisse d’une crise maritime ou d’un blocage douanier. Dans un monde où chaque heure compte, cette approche change la donne pour les opérations logistiques.
Le transport routier face à ses défis
Avec 89 % des volumes de marchandises, le routier reste le roi incontesté – mais un roi plus sous pression que jamais. La concurrence étrangère, dopée par le cabotage, grignote assez rapidement des parts de marché. La feuille de route propose un rééquilibrage : simplification des normes, soutien à l’innovation, lutte contre les pratiques déloyales. En parallèle, la transition vers des flottes décarbonées – électriques ou hydrogène – s’impose comme une nécessité. Les budgets logistiques devront absorber ces investissements, mais des incitations publiques pourraient amortir le choc.
Une réponse aux tensions sur les talents
Le secteur manque cruellement de main-d’œuvre. En 2024, 50 000 postes de chauffeurs routiers restaient vacants. La stratégie passe par une revalorisation des métiers : conditions améliorées, formations accélérées, communication ciblée. Elle semble maintenant obligatoire ! Une logistique compétitive ne peut se passer d’opérateurs qualifiés – un enjeu qui dépasse les simples recrutements pour toucher à la structuration des filières.
Ports et aéroports en première ligne
Les hubs internationaux – Le Havre, Marseille, Roissy – sont au cœur du dispositif. Des ports plus efficaces et des aéroports optimisés doivent à terme avoir un impact sur la chaîne, en réduisant les temps de transit et les coûts, et cela constitue un levier essentiel pour les supply chains globalisées.
Une logistique alignée sur le climat
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 10 % des émissions nationales de CO2 viennent de la logistique au sens large du terme. Et ce chiffre n’est pas prêt de voir ses indicateurs à la baisse, c’est bien normal. Réduire cette empreinte est un impératif stratégique. Le plan privilégie trois leviers : limiter les flux superflus, électrifier les flottes (130 millions d’euros déjà engagés en 2024), et développer le report modal. Le fret ferroviaire (8,9 %) et fluvial (1,8 %) ont un potentiel inexploité ; moderniser ces réseaux promet des gains écologiques et économiques. Mais cela exige des investissements lourds et une coordination parfois complexe, qui engage de nombreux acteurs au réalité parfois bien différentes au sein des entreprises.
Des infrastructures durables
Les entrepôts entrent dans l’équation verte. Recycler des friches industrielles, équiper les bâtiments de solutions énergétiques – panneaux solaires, isolation renforcée – devient la norme. Ces évolutions limitent l’artificialisation des sols tout en répondant aux attentes des rapports ESG. Les premiers bénéfices sont attendus dès 2026, un horizon à intégrer dans les stratégies immobilières.
Face aux aléas climatiques
Les événements extrêmes – canicules, inondations – ne sont plus des hypothèses lointaines et on le voit tous les jours sur nos routes, affectant la fluidité des supply chain un peu partout dans le monde. Études de vulnérabilité et adaptations physiques (entrepôts surélevés, véhicules résistants) préparent le secteur à ces réalités, mais pour l’instant, nous naviguerons par réaction. Une logistique résiliente passe par des plans de continuité repensés, capables de tenir face à un climat imprévisible.
Une planification foncière rationnelle
L’implantation des infrastructures logistiques reste un point de friction. Entre recours juridiques et choix mal adaptés, les projets patinent encore depuis des mois. La feuille de route apporte une réponse pragmatique : identifier les terrains stratégiques, accélérer les processus, sécuriser les cadres légaux. Une approche qui favorise des hubs bien positionnés, proches des axes de transport.
Une gouvernance partagée
La collaboration entre acteurs publics et privés s’intensifie. Associations territoriales et documents d’urbanisme intégrant la logistique promettent une meilleure cohérence. Cette synergie réduit les blocages et aligne les intérêts – un atout pour des opérations fluides à l’échelle locale.
La numérisation comme levier d’efficacité
La digitalisation s’étend aux territoires. Des réglementations accessibles en ligne et des outils partagés simplifient les interactions. Une logistique numérisée gagne en agilité, même dans les zones les moins connectées – un pas vers une exécution sans couture.
Cette feuille de route dépasse donc le cadre théorique. Elle touche des réalités opérationnelles : maîtrise des coûts, résilience des flux, conformité environnementale. Les bénéfices potentiels – efficacité accrue, empreinte carbone réduite, disponibilité de talents – sont à portée de main, mais ils demandent des arbitrages. Les budgets devront financer la transition verte, les partenariats s’adapter aux nouvelles dynamiques, et les indicateurs intégrer des critères de durabilité.
Les obstacles ne sont pas minces. Le financement des infrastructures, notamment ferroviaires, reste incertain. Les transporteurs rechignent face aux coûts de la décarbonation, et les tensions géopolitiques ajoutent une couche d’imprévisibilité.
Pourtant, ce plan offre une boussole : des objectifs mesurables, un calendrier serré, des priorités claires. D’ici 2026, les résultats parleront d’eux-mêmes pour les entreprises
Pour retrouver l’intégralité du document, c’est par ici.
Pour en savoir plus sur la réduction des coûts et l’optimisation de la chaîne logistique et transport, consulter l’infographie suivante : Réduire ses coûts de transport grâce à DataFret.
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